Amélioration de la communication en médecine générale : développement d’un outil visuel pour les consultations de contraception et de prévention chez les patients de moins de 25 ans.
La santé sexuelle des adolescents et des jeunes adultes constitue un enjeu important de santé publique. La médecine générale occupe une place centrale dans la prévention, l’information et l’accompagnement des jeunes concernant la contraception et les comportements sexuels à risque. En effet, le médecin généraliste est souvent un professionnel de santé accessible, identifié par les jeunes et leurs familles, et peut intervenir à différents moments du parcours de soins pour aborder ces thématiques dans un cadre confidentiel et bienveillant. La pratique de la médecine générale inclut ainsi un rôle majeur dans la prévention et l’éducation à la santé, notamment auprès des jeunes patients [1].
L’adolescence et le début de l’âge adulte représentent une période de construction des connaissances, des représentations et des comportements en matière de sexualité. Pourtant, plusieurs études montrent que les connaissances des adolescents français en santé sexuelle restent parfois insuffisantes, notamment concernant la contraception, les infections sexuellement transmissibles ou encore les notions de consentement. Cette insuffisance d’information peut exposer les jeunes à des risques accrus de grossesses non désirées ou d’infections sexuellement transmissibles [6].
Les données internationales montrent également une évolution préoccupante des comportements sexuels chez les jeunes. Un rapport récent de l’Organisation mondiale de la santé souligne une diminution de l’utilisation du préservatif chez les adolescents, ce qui augmente le risque d’infections sexuellement transmissibles et de grossesses non planifiées. Ces résultats rappellent l’importance de renforcer les actions de prévention et d’éducation à la santé sexuelle auprès de cette population [9].
La famille représente souvent la première source d’information sur la sexualité pour les adolescents. Cependant, les échanges entre parents et adolescents sur ces sujets peuvent être difficiles ou incomplets. Certains parents se sentent mal à l’aise pour aborder ces questions ou ne savent pas toujours comment les expliquer à leurs enfants [2]. Les discussions autour du consentement, de la contraception ou des infections sexuellement transmissibles restent parfois limitées ou tardives.
De leur côté, les parents peuvent également exprimer des inquiétudes concernant la santé sexuelle de leurs adolescents et leurs comportements à risque. Ils peuvent attendre du médecin généraliste qu’il joue un rôle d’information et d’accompagnement auprès de leur enfant. Néanmoins, ces attentes peuvent être associées à certaines craintes, notamment concernant la confidentialité de la consultation ou la manière dont ces sujets sont abordés avec leur adolescent [1-2].
Les adolescents et les jeunes adultes ont également leurs propres attentes vis-à-vis des consultations de santé sexuelle. Plusieurs travaux montrent qu’ils souhaitent pouvoir poser leurs questions librement, recevoir des informations claires et être écoutés sans jugement. Cependant, certains jeunes, en particulier les garçons et les jeunes hommes, peuvent se sentir moins concernés ou moins à l’aise pour consulter sur ces sujets. Ils peuvent également percevoir la contraception comme principalement destinée aux femmes, ce qui peut limiter leur implication dans les consultations de prévention [2-11].
De nombreux adolescents rencontrent aussi des difficultés lorsqu’ils recherchent des informations sur la santé sexuelle. Les sources d’information sont multiples, notamment sur internet et les réseaux sociaux, mais leur fiabilité est variable. Certains jeunes peuvent ainsi recevoir des informations incomplètes, erronées ou difficiles à comprendre. Cela souligne l’importance du rôle des professionnels de santé dans la transmission d’informations fiables et adaptées à leur niveau de compréhension [11].
La consultation de médecine générale peut représenter un moment privilégié pour aborder ces questions. Néanmoins, plusieurs obstacles peuvent limiter la discussion autour de la santé sexuelle au cours de ces consultations. Le manque de temps, la gêne ressentie par le patient ou par le médecin, ou encore la difficulté à introduire le sujet peuvent rendre ces échanges plus complexes. Dans ce contexte, certains auteurs suggèrent de développer des consultations dédiées ou des outils spécifiques permettant de faciliter l’abord de la santé sexuelle chez les adolescents [8].
Plusieurs approches ont été proposées pour améliorer la communication autour de la santé sexuelle, notamment l’utilisation d’outils pédagogiques, de questionnaires ou de supports visuels. Par exemple, la création d’auto-questionnaires destinés aux adolescents a été proposée afin de faciliter l’expression de leurs préoccupations et d’identifier leurs besoins en matière de santé sexuelle. Ces outils peuvent aider les jeunes à aborder des sujets parfois difficiles à exprimer spontanément [4-5].
Par ailleurs, certaines études ont montré que les adolescents sont favorables à l’utilisation de supports innovants lors des consultations de santé sexuelle. Ces outils peuvent faciliter les échanges avec le professionnel de santé, améliorer la compréhension des informations et rendre la consultation plus interactive. Ils peuvent également permettre d’aborder plus facilement certains sujets sensibles [11].
Les stratégies d’éducation à la santé sexuelle reposent également sur différentes méthodes pédagogiques. Par exemple, l’éducation par les pairs a montré certains effets positifs sur les connaissances et les comportements des adolescents, même si son efficacité peut varier selon les contextes. Ces résultats montrent que l’utilisation d’approches pédagogiques adaptées peut contribuer à améliorer la prévention en santé sexuelle [7].
Dans le champ plus large de la communication médecin-patient, il apparaît que les médecins généralistes peuvent rencontrer des difficultés lorsqu’il s’agit d’aborder des sujets sensibles, tels que la sexualité ou les comportements à risque. Ces difficultés peuvent être liées à un manque d’outils adaptés, à la crainte de mettre mal à l’aise le patient ou encore à l’incertitude quant à la manière d’introduire ces thématiques en consultation. Des travaux récents portant sur l’élaboration et l’évaluation d’outils d’aide à la communication en médecine générale montrent que ces supports permettent de structurer l’entretien, de faciliter l’abord de sujets difficiles et d’améliorer la qualité des échanges entre le médecin et le patient. Ils favorisent également l’expression des patients, notamment lorsque ceux-ci éprouvent des difficultés à verbaliser certaines préoccupations. Par ailleurs, les médecins expriment un intérêt pour des outils simples, visuels et facilement utilisables en consultation courante [13].
Dans ce contexte, l’utilisation d’un outil de communication visuel apparaît comme une stratégie pertinente pour améliorer les échanges entre le médecin généraliste et les jeunes patients, faciliter la compréhension d’informations complexes, soutenir la discussion et favoriser la participation active du patient à la consultation.
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé soulignent d’ailleurs l’importance d’une information claire, adaptée et compréhensible concernant les différentes méthodes contraceptives, afin de permettre aux patientes et aux patients de faire un choix éclairé. Les professionnels de santé sont encouragés à adapter leur communication au niveau de compréhension et aux besoins de chaque patient [12].
Malgré ces recommandations, il existe encore peu d’outils standardisés spécifiquement conçus pour accompagner la première consultation de contraception et de prévention chez les jeunes de moins de 25 ans en médecine générale. Le développement et la validation d’un outil de communication visuel adapté à cette consultation pourraient ainsi contribuer à améliorer la qualité de l’information délivrée, faciliter les échanges et favoriser une prise de décision éclairée chez les jeunes patients.
À ce jour, bien que certaines recherches décrivent l’utilisation générale et les attentes des médecins généralistes vis à vis des aides visuelles en consultation, il n’existe pas d’étude ciblée analysant spécifiquement les attentes des médecins généralistes concernant un support visuel dédié à la consultation CCP chez les jeunes patients, ce qui souligne une lacune importante dans la littérature et justifie le développement d’un outil adapté à ce contexte particulier. Une étude française récente a mis en évidence que les médecins généralistes utilisent des aides visuelles en consultation et expriment le souhait d’en disposer davantage, mais ces travaux ne portent pas sur un outil visuel structuré destiné à la prévention et à la contraception chez les moins de 25 ans et ne détaillent pas les attentes précises des praticiens pour ce type de support. [14]
Dans ce context, il serait pertinent de collecter les attentes des médecins généralistes concernant le développement d’un outil visuel d’aide à la communication pour les consultations CCP.
Quels sont les besoins et attentes des médecins généralistes concernant le développement d’un outil visuel d’aide à la communication pour les consultations de contraception et de prévention chez les patients de moins de 25 ans ?
Hypothèses: Nous faisons l’hypothèse que les médecins généralistes identifient un besoin d’outil visuel d’aide à la communication dans le cadre des consultations de contraception et de prévention auprès des patients âgés de moins de 25 ans. Nous supposons que cet outil pourrait faciliter les échanges autour des thématiques de santé sexuelle et contraception, améliorer la compréhension et l’appropriation des informations délivrées par les patients jeunes, et favoriser leur participation au processus décisionnel. Nous faisons également l’hypothèse que les attentes des médecins généralistes concernant cet outil portent principalement sur : • sa simplicité et sa rapidité d’utilisation en consultation de médecine générale ; • son adaptation aux caractéristiques et aux modes de communication des moins de 25 ans ; • sa capacité à aborder des sujets sensibles liés à la contraception, aux infections sexuellement transmissibles et à la prévention ; • son adaptabilité aux différents profils socioculturels ; • ainsi que sur la fiabilité scientifique et l’actualisation des informations proposées, en respectant les dernières recommandationsIl s’agira d’une étude qualitative par entretiens individuels semi-dirigés auprès de médecins généralistes thésés exerçant en soins primaires. Le choix d’entretiens individuels semi-dirigés a été privilégié afin de permettre une exploration approfondie des pratiques, besoins et attentes des médecins généralistes concernant les consultations de contraception et de prévention chez les patients de moins de 25 ans.
Cette méthode apparaît particulièrement adaptée à l’étude de thématiques sensibles liées aux pratiques professionnelles et à la communication en santé, en favorisant une parole libre et individualisée des participants. Les participants seront recrutés selon un échantillonnage raisonné à variation maximale afin d’obtenir une diversité de profils et de pratiques. Les entretiens seront réalisés par l’investigateur principal, en présentiel, par téléphone ou en visioconférence, à partir d’un guide d’entretien préalablement élaboré. Les échanges seront enregistrés avec l’accord des participants puis retranscrits de manière anonymisée. Les données recueillies feront l’objet d’une analyse thématique jusqu’à saturation des données. Cette étude respectera les principes de confidentialité, et anonymisation des participants qui auront participé de manière volontaire à cette etude.
Il s’agira d’une étude qualitative par entretiens individuels semi-dirigés auprès de médecins généralistes thésés exerçant en soins primaires. Le choix d’entretiens individuels semi-dirigés a été privilégié afin de permettre une exploration approfondie des pratiques, besoins et attentes des médecins généralistes concernant les consultations de contraception et de prévention chez les patients de moins de 25 ans.
Cette méthode apparaît particulièrement adaptée à l’étude de thématiques sensibles liées aux pratiques professionnelles et à la communication en santé, en favorisant une parole libre et individualisée des participants. Les participants seront recrutés selon un échantillonnage raisonné à variation maximale afin d’obtenir une diversité de profils et de pratiques. Les entretiens seront réalisés par l’investigateur principal, en présentiel, par téléphone ou en visioconférence, à partir d’un guide d’entretien préalablement élaboré. Les échanges seront enregistrés avec l’accord des participants puis retranscrits de manière anonymisée. Les données recueillies feront l’objet d’une analyse thématique jusqu’à saturation des données. Cette étude respectera les principes de confidentialité, et anonymisation des participants qui auront participé de manière volontaire à cette etude.
1. Haute Autorité de Santé. Pratique de la médecine générale : rôle du médecin généraliste dans la prévention et l’éducation à la santé. Saint-Denis: HAS; année inconnue.
2. Villain M. Attentes et craintes parentales en santé sexuelle pour leur adolescent au cabinet de médecine générale en Île-de-France [thèse d’exercice]. France: Université de médecine; 2024.
3. Lazri A, Compagnon L. Attentes, besoins et représentations des garçons et des jeunes hommes vis-à-vis de la consultation de contraception et prévention en santé sexuelle [thèse d’exercice]. France: Université de médecine; 2024.
4. Caucheteux MA, Gouache M. Comment les parents parlent-ils de santé sexuelle à leurs adolescents, et en particulier de consentement sexuel ? [thèse d’exercice]. France: Université de médecine; 2024.
5. Billy T. « Et si on en parlait ? » : création d’un auto-questionnaire en santé sexuelle par méthode Delphi à destination des adolescents de 11 à 18 ans [thèse d’exercice]. France: Université de médecine; 2025.
6. Lançon M. Évaluation des connaissances en santé sexuelle des adolescents français [thèse d’exercice]. France: Université de médecine; 2025.
7. Sellem Habib E, Mazet J, Aubin-Auger I, Mercier A, Koskas M, Zerr P, et al. Évaluation de l’efficacité de la prévention et de l’éducation sexuelle des adolescents par leurs pairs : revue de la littérature. 2019.
8. Fercot C. Vers une consultation de médecine générale dédiée à la santé sexuelle des adolescents ? Enquête auprès des 11-13 ans scolarisés dans l’Oise [thèse d’exercice]. France: Université de médecine; année inconnue.
9. World Health Organization. Alarming decline in adolescent condom use and increased risk of STIs and unintended pregnancies reveals new WHO report [Internet]. Geneva: WHO; 2024 [cited 2026 Jan 11]. Available from: https://www.who.int/europe/fr/news/item/29-08-2024-alarming-decline-in-adolescent-condom-use
10. Haute Autorité de Santé. Contraception chez la femme adulte et l’adolescente en âge de procréer – hors post-partum et post-IVG. Saint-Denis: HAS; 2019.
11. Hoopes AJ, et al. Adolescent perspectives on patient-provider sexual health discussions: need for innovative tools during sexual health visits. J Adolesc Health. 2017;61(1):8-15.
12. Patterson S, et al. Barriers and challenges faced by adolescents when searching for sexual health information: implications for practice. Sex Transm Infect. 2019;95(6):410-416.
13. Duclercq C. Élaboration et évaluation d’un outil d’aide à la communication médecin-patient sur les sujets difficiles à aborder en médecine générale [thèse d’exercice]. France: Université de médecine; année inconnue.
14. Hoonakker J D, Adeline Duflot F, Orcel V, Grudzinski ML, Cognet M, Renard V. Use of visual aids in general practice consultations: A questionnaire based survey. PEC Innov. 2023;2:100159.
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