Quels sont les déterminants du recours au dépistage du cancer du col de l’utérus en prison
Le cancer du col de l’utérus est détecté chaque année chez près de 3200 femmes en France et est à l’origine de plus de 1500 décès (recensement de 2022)(1). Si son incidence a drastiquement diminuée ces trente dernières années grâce aux méthodes de dépistage de lésions pré-invasives ou cancéreuses à des stades précoces, son taux de survie à 5 ans s’est lui dégradé. Ce paradoxe s’explique par une moindre fréquence des cancers de bon pronostic qui ont pu être évités grâce au dépistage et à une plus grande proportion de lésions de mauvais pronostic qui ont, elles, échappées au dépistage. En effet, plus la prise en charge de ses lésions est précoce et plus le taux de survie relative à 5 ans est élevé. Le cancer du col de l’utérus résulte, dans la quasi totalité des cas (98,2%), d’une infection persistante par le papillomavirus humain, particulièrement les types 16 et 18 (2). Le cancer du col de l’utérus peut être prévenu par la vaccination et des études menées en Australie, aux Etats-Unis et en France ont estimé l’efficacité des vaccins contre les infections HPV entre 86% et 96% (3) .Le dépistage du cancer du col de l’utérus fait partie du programme national de dépistage organisé depuis 2019, soit par frottis cervical-utérin, soit par test HPV. Dans ce contexte, le prélèvement est donc pris en charge à 70% et l’analyse de l’examen à 100% par l’assurance maladie, les 30% restant du prélèvement étant généralement remboursés par les mutuelles (complémentaires santé)(4). Si les organisations de santé veillent à rendre le dépistage du cancer du col de l’utérus accessible au plus grand nombre via la prise en charge économique et les campagnes de promotions, le taux de couverture sur la période 2020-2022 était seulement de 59,5 % (en augmentation constante depuis 2017-2019 mais toujours inférieur au seuil européen acceptable de 70 %) (5) traduisant des disparités dans le recours à ce dépistage. Depuis plusieurs dizaines d’années, des études, notamment américaines, montrent que la prévalence du cancer du col de l’utérus est plus élevée chez les femmes incarcérées ou qui l’ont été par le passé (6). La France ne fait pas exception à ce constat avec une population féminine incarcérée minoritaire (seulement 4% contre 96% d’hommes) et une forte représentation des catégories sociales les plus défavorisées, ayant souvent eu moins d’accès à la prévention et au soin (7). Les données sur le dépistage de la population carcérale féminine sont limitées en France et n’étudient pas les facteurs favorisants ou freinants le recours au dépistage du CCU chez les femmes incarcérées.
Question de recherche *:Quels sont les déterminants du recours au dépistage du cancer du col de l’utérus dans en prison ?
Hypothèses: Le recours au dépistage du cancer du col de l’utérus chez les femmes incarcérées dépendrait de facteurs socio-médicaux.Paradigme compréhensif
Questionnaire et entretiens semi-directifs destiné aux femmes incarcérées pour évaluer leur rapport au dépistage du cancer du col de l’utérus.
Enregistrement via téléphone portable personnel.
- Prendre contact avec le BESPRIM pour l’aspect méthodologie (NSN, …)
- Déposer mon dossier au comité de protection des personnes
- Contacter le délégué à la protection des données
- Faire ma demande au comité d’éthique
(1) International Agency for Research on Cancer : population factsheets->Countries->France https://gco.iarc.fR/today/data/factsheets/populations/250-france-fact-sheets.pdf
(2) Collège national des enseignants en cancérologie, 3ème édition
(3) ANSM : https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/vaccins-contre-les-infections-a-papillomavirus-humains-hpv/quelle-est-lefficacite-des-vaccins-hpv
(4) Assurance maladie : https://www.ameli.fr/herault/laboratoire-danalyses-medicales/exercice-liberal/prise-charge-patients/depistage-organise-du-cancer-du-col-de-l-uterus
(5) Santé Publique France : https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/cancers/cancer-du-col-de-l-uterus/documents/bulletin-national/participation-au-programme-de-depistage-organise-du-cancer-du-col-de-l-uterus.-periode-2014-2023#:~:text=Points%20clés,sur%20la%20période%202020%2D2022.
(6) https://www.liebertpub.com/doi/10.1089/jwh.2018.7440
(7) État des lieux du dépistage des cancers féminins en milieu carcéral : https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/etat_des_lieux_depistage-cancersfeminins_vf_2_.pdf
+(8) Lésions cervicales et freins à leur prise en charge en détention : une étude réalisée au centre pénitentiaire des Baumettes (MARSEILLE) : SUDOC