Influence des aspects socio-culturels sur la perception de la rhinopharyngite par le patient

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La rhinopharyngite est une pathologie extrêmement fréquente qui touche les adultes en moyenne 2 à 4 fois par an . Bien que bénigne et généralement d’origine virale, elle représente une part significative des consultations médicales, notamment lors des périodes hivernales. En France, les infections respiratoires aiguës (IRA), dont la rhinopharyngite, ont constitué jusqu’à 27 % des consultations SOS Médecins lors du pic épidémique de janvier 2024. Cette forte prévalence fait de la rhinopharyngite une maladie courante mais néanmoins coûteuse pour le système de santé.

Malgré son caractère bénin, la rhinopharyngite entraîne des comportements parfois inappropriés. En France, environ 16 % des consultations pour rhinopharyngite aboutissent à une prescription d’antibiotiques, alors que cette maladie est majoritairement virale et ne nécessite pas ce type de traitement. Ces prescriptions inutiles augmentent les coûts de santé publique et contribuent à la résistance antimicrobienne, un problème majeur en santé mondiale. Par ailleurs, l’automédication excessive ou l’utilisation de remèdes traditionnels sont des pratiques courantes dans certaines populations, influencées par des croyances culturelles. Une étude menée en 2021 a révélé que jusqu’à 83 % des participants issus de certains groupes culturels utilisent des remèdes traditionnels pour traiter les infections respiratoires, mais seulement 15 % en discutent avec leur médecin.

Ces comportements sont souvent façonnés par des déterminants socio-culturels. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ces facteurs expliquent entre 30 % et 55 % des résultats en matière de santé, dépassant parfois l’influence directe des soins médicaux eux-mêmes (7). Les croyances culturelles influencent non seulement la perception de la gravité d’une maladie mais aussi les choix thérapeutiques et le recours aux soins (8, 9). Ces influences sont particulièrement visibles dans le cas des maladies bénignes comme la rhinopharyngite, où l’impact psychosocial peut être significatif : absentéisme au travail ou à l’école, baisse de productivité individuelle et collective.

Malgré ces enjeux, peu d’études se sont intéressées spécifiquement à l’influence des facteurs socioculturels sur la perception et la prise en charge de la rhinopharyngite chez les adultes. Une thèse récente à mis en évidence que les attentes des patients dans le cadre de la prise en charge de la rhinopharyngite sont influencées par des facteurs tels que leur besoin de réassurance, leur méconnaissance de la pathologie et leurs attentes vis-à-vis des prescriptions médicamenteuses. Cependant, son travail n’a pas approfondi l’impact des facteurs socio-économiques, qui jouent pourtant un rôle déterminant dans les comportements de santé. Comprendre ces mécanismes pourrait permettre d’améliorer les stratégies éducatives et thérapeutiques en médecine générale tout en réduisant les pratiques inappropriées.

Étiqueté comme : déterminants socio culturels, infectiologie, médecine générale, rhinopharyngite, santé publique

Question de recherche *:

Comment les facteurs socio-économiques influencent-ils la perception et les comportements des patients consultant pour une rhinopharyngite aiguë en médecine générale ?

Objectif: L’objectif principal de cette étude est d’explorer comment les représentations socio-culturelles influencent la perception et la prise en charge de la rhinopharyngite chez l’adulte. Plus précisément, il s’agit : D’identifier les croyances et perceptions associées à cette pathologie. D’analyser comment ces représentations influencent les comportements thérapeutiques tels que l’automédication ou le recours aux soins médicaux ou traditionnels. De comprendre les facteurs socio-culturels qui favorisent ou freinent le recours approprié aux soins. En s’appuyant sur ces résultats, cette étude vise également à dégager des leviers permettant d’adapter les campagnes de sensibilisation et d’améliorer l’éducation sanitaire autour des infections respiratoires bénignes.
Matériel et méthode:

Méthodologie

Cette recherche sera menée sous forme d’une étude qualitative descriptive basée exclusivement sur des entretiens semi-dirigés individuels..

Population étudiée :

Les participants seront exclusivement des adultes âgés de 18 ans et plus ayant présenté un épisode récent (<6 mois) de rhinopharyngite. Un échantillon diversifié sera constitué (entre 15 et 20 participants) afin d’inclure des personnes issues de différents contextes socio-culturels (milieu urbain/rural, origine ethnique/culturelle variée).

Recueil des données :

Les entretiens semi-dirigés seront réalisés à l’aide d’un guide structuré explorant :

La perception personnelle de la rhinopharyngite.

L’influence culturelle ou sociale sur les comportements face à cette maladie.

Les pratiques thérapeutiques adoptées par les participants.

Chaque entretien durera environ 30 à 45 minutes et sera enregistré avec le consentement éclairé du participant.

Analyse des données :

Les entretiens seront transcrits intégralement puis analysés pour identifier les thèmes émergents liés aux représentations socio-culturelles. Un logiciel d’analyse qualitative ou Excel sera utilisé pour faciliter le codage et le regroupement des données.

Résultats attendus :

Les résultats attendus incluent :

L’identification des croyances spécifiques liées à la rhinopharyngite dans différents contextes socio-culturels.

La mise en évidence des pratiques thérapeutiques influencées par ces croyances (automédication, recours aux remèdes traditionnels).

L’analyse des barrières au recours approprié aux soins médicaux, telles que la stigmatisation culturelle ou la pression sociale.

La comparaison entre différents groupes socio-culturels afin de dégager des tendances générales ou spécifiques.

Ces résultats pourraient permettre non seulement d’améliorer l’éducation sanitaire autour des infections respiratoires bénignes mais aussi de réduire le recours inapproprié aux antibiotiques et autres traitements inutiles. Par ailleurs, ils fourniront une base qui pourrait être intéressante pour adapter les stratégies éducatives en fonction du contexte culturel.

Références:

Santé Publique France. Impact psychosocial des infections respiratoires aiguës : absentéisme et productivité en France. Bull Santé Publique Fr. 2023;10:15-18.

Quiniou C, Sage C. La fiche information patient dans la consultation pour la rhinopharyngite en médecine générale : ressenti des médecins généralistes et des patients. Aix-en-Provence : Université d'Aix-en-Provence ; 2020. 120 p.
PMC. Cultural practices and traditional remedies in respiratory infections: A cross-sectional study in Hispanic communities. J Ethn Health [Internet]. 2021 [cité le 21 mars 2025];15(4):233-40. Disponible sur : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/

World Health Organization (WHO). Social determinants of health: Key concepts and global impact. Geneva: WHO; 2019 [cité le 21 mars 2025]. Disponible sur :

Medscape Reference. Common Cold in Adults: Epidemiology and Clinical Features. Medscape [Internet]. 2025 [cité le 21 mars 2025]. Disponible sur : https://www.medscape.com

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