Connaissance et utilisation des plateformes de téléexpertise par les internes de médecine générale en stage ambulatoire

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La télémédecine, qui comprend « tous les actes médicaux, réalisés à distance, au moyen d’un dispositif utilisant les technologies de l’information et de la communication », s’est développée depuis ses dernières années avec, notamment, l’émergence de plateformes en ligne de téléexpertise.
La téléexpertise est définie dans le code de la santé publique comme un objet qui peut permettre à un professionnel médical (dit « requérant ») de solliciter à distance l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux (dits « requis ») en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, sur la base des informations médicales liées à la prise en charge d’un patient.[1]
Plus d’un million d’avis sont donnés sur les différentes plateformes depuis la rémunération et le remboursement par l’assurance maladie en 2019. Les plateformes existantes sont par exemple Omnidoc, Codex santé, etc. La réponse à la suite d’une demande d’avis varie de quelques heures à quelques jours selon les spécialités. Depuis 2019, la téléexpertise est une activité rémunérée et les médecins bénéficient d’un remboursement qu’ils soient requérants (10 euros par acte) ou requis (20 euros par acte). La demande d’avis se fait sur une plateforme sécurisée, ce qui est un réel avantage pour préserver les données du patient. Le développement et l’amélioration de cses plateformes permet aux médecins, et donc aux patients, en zone rurale ou sous-doté de bénéficier d’un avis spécialisé, situation qui est difficilement réalisable avec des délais de consultations pouvant atteindre plusieurs mois. L’inconvénient est que certains peuvent utiliser la plateforme afin d’obtenir plus rapidement des rendez-vous avec des spécialistes.
La télé-expertise est très développée en France, notamment la télé-dermatologie qui répond à un souci de démographie de dermatologues qui sont de moins en moins nombreux voire absents de certaines régions.
Une thèse a été réalisée sur le regard porté par les médecins généralistes sur les technologies. Dans cette étude, sous forme qualitative, les médecins interrogés trouvaient que le développement notamment des plateformes numériques de coordination et de communication, sont des moyens permettant de mieux collaborer entre professionnels. Les limites qui ont été retenues sont l’accessibilité de ses plateformes, surtout pour ceux qui n’utilisent pas ou peu les technologies, et le risque que les outils se complexifient et deviennent chronophages.
Ces plateformes sont aussi une nouvelle façon d’apprendre, notamment en apprenant à différencier un cas qui nécessite d’être vu en urgences ou rapidement par rapport à un autre cas qui peut attendre. Dans les études récentes, on trouve aussi un sondage fait en 2018 en France chez les étudiants en médecine et cette étude conclut que la télé-expertise était l’outil de télémédecine le moins connu et que la majorité des étudiants qui en avaient connaissance trouvaient qu’ils n’étaient pas assez formés à cet outil de télémédecine. Cette étude avait inclus des étudiants en deuxième cycle des études médicales (à partir de la deuxième année de médecine) et les internes de toutes spécialités confondues. On peut y voir que les internes de médecine générale représentaient une grande partie des réponses. Il serait alors intéressant de se focaliser uniquement sur les internes de médecine générale, d’autant plus que nous serons un peu plus à distance du début de la mise en place du remboursement et de la classification.

Étiqueté comme : différences de pratiques professionnelles, enquêtes et questionnaires, internes, médecine générale, stage ambulatoire, téléexpertise

Question de recherche *:

Quelle est l’état de connaissance et de fréquence d’utilisation des plateformes de télé-expertise chez les internes de médecine générale lors de leurs stages ambulatoires ?

Hypothèses: La télémédecine ne cesse de se développer, notamment la télé-expertise, et s’inscrit pour quelques-uns dans leur quotidien. La télé-expertise se veut être un outil permettant de répondre, au manque de spécialistes disponibles en ville et aider les médecins dans les déserts médicaux dans l’objectif d’améliorer la prise en charge des patients. Les internes de médecine l’utilisent pour certains pendant leur stage ambulatoire donc il serait intéressant de savoir ce que les médecins généralistes, les internes y compris, connaissent de cet outil (procédures, coût, délai), s’ils projettent de l’utiliser dans leur pratique future, la fréquence d’utilisation, et les types de requêtes qu’ils font (type de patients, spécialités sollicités).
Objectif: L’objectif principal est de décrire les connaissances et les pratiques d’utilisation des plateformes de téléexpertise par les internes de médecine générale lors de leurs stages ambulatoires.
Matériel et méthode:

La méthode choisie est une étude quantitative, descriptive, transversale, par questionnaire auto-administré aux internes de médecine générale de France
Les critères d’inclusion sont que les répondant soient des professionnels qui pratiquent la médecine générale en ville (internes en médecine générale en France).
Nous n’inclurons pas les internes généralistes qui ont fait des stages uniquement dans une structure hospitalière, qui n’utilise pas internet dans leur cabinet.
Seront exclus les doublons ainsi que les médecins qui n’auront pas répondu entièrement au questionnaire (80%) ou qui n’auront pas répondu aux réponses obligatoires.

Le questionnaire contient vingt questions réparties en cinq parties : les données socio-démographiques du répondeur (type d’exercice du maître de stage, âge, stages effectués pendant l’internat) ; la description de l’état des connaissances (nom de plateformes que le répondant connait, types) ; l’utilisation par le répondant (plateformes, fréquence, spécialités médicales sollicitées, délai) ; les circonstances d’utilisation (motivations, délai de rendez-vous) et enfin le regard sur cet outil (ressenti, perspectives).

Description méthodologique de l’étude:

Le questionnaire sera diffusé en ligne, notamment à travers les plateformes numériques de groupe d’entraide d’étudiants, les sites des syndicats des internes, avec une possibilité de partager le lien du questionnaire.
La période de recueil sera de six mois avec un nombre de réponse attendu à 100.
Les données seront récoltées sur Framaform puis seront répertoriées, classées et traitées sur Excel.
Les analyses seront purement descriptives. Les variables quantitatives seront décrites avec la moyenne, (écart-type) ou médiane (intervalle interquartile) selon la distribution. Les variables qualitatives seront décrites en effectifs et pourcentages.

Références:

1.HAS, Téléconsultation et téléexpertise : guide de bonnes pratiques. [consulté en avril2024] Disponible sur https://www.has-sante.fr/jcms/c_2971632/fr/teleconsultation-et-teleexpertise-guide-de-bonnes-pratiques
2. Omnidoc [Internet]. [cité 7 sep 2024]. Comment se déroule une téléexpertise ? Disponible sur: https://omnidoc.fr//info/comment-se-deroule-une-teleexpertise/
3. Dorizy-Vuong, V. SmartDerm : mise en place de la télé-expertise dermatologique dans trois départements en déprise médicale de Nouvelle-Aquitaine. déc 2020;147(12):A259 60.
4. Yaghobian S, Ohannessian R, Iampetro T, et al. Knowledge, attitudes and practices of telemedicine education and training of French medical students and residents. Journal of Telemedicine and Telecare. 2022;28(4):248-257. doi:10.1177/1357633X20926829
5. Trupia DV, Mathieu-Fritz A, Duong TA. How to produce a diagnostic opinion at a distance? New forms of tele-expertise use in France and their transformational effects on healthcare practices in dermatology. Frontiers in Communication. août 2023;8:120636.

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