Identifier les freins à la consultation post-IVG médicamenteuse au sein de planning familial en île-de-France
L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est un acte médical encadré par la loi, permettant à une femme de mettre fin à une grossesse non désirée. En France, l’IVG est légale jusqu’à 16 semaines d’aménorrhée (SA) depuis la loi du 2 mars 2022. En 2024, une avancée historique a été marquée par l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution française, soulignant son importance en tant que droit fondamental.
Selon la Drees, environ 220 000 IVG sont pratiquées chaque année en France. Elles concernent environ 1 femme sur 3 au cours de sa vie. Parmi ces interruptions, environ 70 % sont réalisées par voie médicamenteuse, dont une partie en ville (médecins généralistes, centres de santé) et une autre en établissements de santé ou centres de planification. Depuis 2020, dans un contexte d’adaptation aux contraintes sanitaires, la téléconsultation a également été autorisée pour certaines étapes de l’IVG médicamenteuse.
Selon la HAS, cette visite de suivi est essentielle pour s’assurer de l’expulsion complète de la grossesse, détecter les éventuelles complications physiques ou psychologiques, et réévaluer les besoins en santé sexuelle et reproductive (contraception, IST, etc.). Elle repose sur un interrogatoire, un examen clinique et/ou une vérification du taux de bêta-hCG ou une échographie. Environ 5 % des IVG sont incomplètes ou échouent, ce qui renforce la nécessité de ce contrôle.
Or, il a été observé que seulement 53 à 83 % des femmes se présentent à cette consultation de suivi, selon différentes études (souvent menées avant 2017). Cela signifie qu’entre 17 à 47 % des femmes ne s’y rendent pas, ce qui interroge sur les freins à cette démarche. Ces chiffres peuvent varier selon le contexte (hospitalier, libéral, en ville, en PMI), les modalités (présentiel ou téléconsultation), le profil des patientes ou encore la région.
Question de recherche *:Pourquoi les patientes ne viennent-elles pas à la consultation post-IVG sachant qu'elle permet de vérifier le succès et l'absence de complications ?
Il s’agit d’un projet d’étude qualitative prospective exploratoire, menée au sein de plusieurs centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI) du département de l’Essonne (Île-de-France). L’étude s’intéresse aux femmes majeures ayant eu recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse et ne s’étant pas présentées à la consultation de suivi post-IVG.
L’objectif est d’explorer les freins perçus à la réalisation de cette consultation. Le recueil des données se fera à partir d’entretiens individuels semi-directifs, réalisés à l’aide d’un guide d’entretien élaboré et validé par le comité de pilotage du projet (direct.eur.rice de thèse, moi-même et professionnelles de PMI référents). Ces entretiens seront menés selon la convenance des participantes, en visioconférence ou par téléphone. Le guide abordera plusieurs thèmes : le parcours de soin lié à l’IVG, le vécu émotionnel, les représentations de la consultation de suivi, les contraintes logistiques, les attentes en matière de suivi et les propositions d’amélioration.
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