Prise en charge du conjoint d’un patient en fin de vie en médecine générale

Durant ma première année d’internat j’ai vu plusieurs patients âgés dont le maintien à domicile était compliqué, notamment suite au décès de leur conjoint.
Je me suis demandé comment était assurer le suivi et la prise en charge de ces patients par le médecin généraliste.
En effet, le vieillissement de la population s’accompagne d’un accroissement des situations de dépendance, de veuvage et de solitude, qui peuvent aggraver l’état de santé physique et psychique des survivants (1–4). Plusieurs études ont montré que le décès d’un conjoint chez les personnes âgées augmente significativement le risque de troubles dépressifs (5,6), de déclin cognitif (7,8) et de mortalité à court terme (2,3,9). Les conséquences du veuvage peuvent différer selon le sexe et les contextes socioculturels, les hommes apparaissant souvent plus vulnérables (1,5). Dans ce contexte, le rôle du médecin généraliste est central. En première ligne, il est le mieux placé pour anticiper les évolutions cliniques et sociales d’un couple vieillissant, en évaluant les besoins, en mobilisant les ressources médico-sociales et en accompagnant la mise en œuvre de soins palliatifs à domicile (10). L’accompagnement du conjoint survivant, qui peut devenir à son tour un patient vulnérable, impose une vision proactive et globale de la fin de vie au sein du couple. Cette approche rejoint les recommandations de la Haute Autorité de Santé, qui soulignent la nécessité de structurer un projet de soins à domicile dans le respect des volontés des patients (11). Ainsi, mieux comprendre les pratiques et les difficultés rencontrées par les médecins traitants dans l’anticipation du maintien à domicile dans ces situations complexes apparaît essentiel pour améliorer l’accompagnement de la fin de vie et prévenir les conséquences du veuvage.

Étiqueté comme : anticipation, fin de vie, gériatrie, médecine générale, relation

Question de recherche *:

Comment le médecin traitant anticipe le maintien à domicile de la personne âgée dans le cadre d’un décès prévisible au sein du couple ?

Références:

1. Blanner C, Elliott A, Hjorth P, Søndergaard J, Mattisson C, Andersen K. Experiences of becoming widowed in old age – a cross-countries study. Int J Qual Stud Health Well-being. 2021;16(1):1871181.
2. Förster F, Pabst A, Stein J, Röhr S, Löbner M, Heser K, et al. Are older men more vulnerable to depression than women after losing their spouse? Evidence from three German old-age cohorts (AgeDifferent.de platform). J Affect Disord. 2019;256:650‑7.
3. Sikorski C, Luppa M, Heser K, Ernst A, Lange C, Werle J, et al. The role of spousal loss in the development of depressive symptoms in the elderly — Implications for diagnostic systems. J Affect Disord. 2014;161:97‑103.
4. Shin SH, Kim G, Park S. Widowhood Status as a Risk Factor for Cognitive Decline among Older Adults. Am J Geriatr Psychiatry. 2018;26(7):778‑87.

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