Identification des profils de vulnérabilité et de résistance au travail posté chez les professionnels de médecine d’urgence : approche psychophysiologique à partir du projet REST

  • Thèse cherche THESARD
  • Lyon
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Le travail en horaires postés, particulièrement en médecine d’urgence, expose les professionnels de santé à une désynchronisation circadienne chronique, à une dette de sommeil répétée et à un stress psychophysiologique important. Ces contraintes entraînent une forte variabilité interindividuelle : certains soignants conservent un bon niveau d’adaptation, tandis que d’autres développent rapidement des troubles du sommeil, une fatigue chronique ou des symptômes de burnout [1–3].
Nos travaux récents (Schmidt et al., Frontiers in Public Health, 2025 ; Schmidt et al., soumis à Scientific Reports) ont mis en évidence que les profils dits “vulnérables” se caractérisent par une mauvaise adaptation comportementale au travail posté, associée à des symptômes d’insomnie et à un niveau élevé d’épuisement professionnel. En comparant les profils comportementaux et physiologiques d’adaptation, ces travaux ont montré que la vulnérabilité au travail posté ne se limite pas à des plaintes subjectives, mais correspond à un ensemble cohérent de marqueurs psychologiques et comportementaux, souvent convergents vers un syndrome de désadaptation au travail posté (Shift Work Disorder, SWD) [4,5].
Les études récentes confirment que cette vulnérabilité découle de facteurs individuels tels que le chronotype, la flexibilité circadienne, la résistance à la somnolence et les stratégies d’adaptation [2–4]. Ces travaux soulignent l’importance des différences interindividuelles dans la survenue d’insomnie et de somnolence excessive chez les travailleurs postés, ainsi que leurs répercussions organisationnelles et cliniques sur la sécurité et la performance [5].
Cependant, les facteurs précis permettant de distinguer les profils à risque d’une mauvaise adaptation au travail posté et d’une faible tolérance restent mal définis. Le projet REST, mené en milieu hospitalier, offre une base de données unique permettant d’explorer ces mécanismes de vulnérabilité grâce à des mesures psychométriques, comportementales (actigraphie, Shift Load Index) et physiologiques (variabilité de la fréquence cardiaque).
Cette thèse vise à approfondir l’identification de ces profils de vulnérabilité chez les soignants exerçant en médecine d’urgence, afin de mieux comprendre les mécanismes d’adaptation et de fournir les fondations empiriques nécessaires au développement futur d’un outil psychométrique de tolérance au travail posté (M-SWT).

Étiqueté comme : adaptation au travail posté, analyse en clusters, burnout, chronobiologie, fatigue, médecine d’urgence, psychophysiologie, rythmes circadiens, santé au travail, sommeil, variabilité de la fréquence cardiaque (vfc)

Question de recherche *:

1. Degenfellner J, Schernhammer E. Shift work tolerance. Occup Med (Lond). 2021;71(9):404–13. https://doi.org/10.1093/occmed/kqab138
2. Ritonja J, et al. Individual differences in shift-work tolerance and recommendations for practice. Sleep Med Rev. 2019;47:74–85. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30700671/
3. Alfonsi V, et al. Sleep-related problems in night-shift nurses: Toward an individualized approach. Front Hum Neurosci. 2021;15:644570. https://doi.org/10.3389/fnhum.2021.644570
4. Booker LA, et al. Individual vulnerability to insomnia, excessive sleepiness and shift-work disorder among healthcare shift workers: A systematic review. Sleep Med Rev. 2018;41:220–33. https://doi.org/10.1016/j.smrv.2018.03.005
5. Wickwire EM, Geiger-Brown J, Scharf SM, Drake CL. Shift work and shift work sleep disorder: Clinical and organizational perspectives. Chest. 2017;151(5):1156–72. https://doi.org/10.1016/j.chest.2016.12.007

Hypothèses: H1: Profilage subjectif et démographique Les données subjectives (troubles du sommeil, symptômes de Shift Work Disorder, chronotype, burnout) et démographiques (ancienneté, expérience professionnelle, charge familiale, nombre d’enfants) permettent d’identifier différents profils de vulnérabilité au travail posté chez les professionnels de médecine d’urgence. H2: Comportement et adaptation Les profils dits « vulnérables » présentent une moins bonne adaptation comportementale aux horaires postés, caractérisée par une désorganisation des rythmes veille-sommeil en lien avec leur charge de travail. H3: Profil psychophysiologique Les profils vulnérables présentent un niveau de réactivité physiologique altéré, avec une variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) réduite pendant les gardes, traduisant une moindre capacité de régulation du stress et de récupération.
Objectif: Identifier et caractériser les profils de vulnérabilité et d’adaptation au travail posté chez les professionnels de médecine d’urgence à partir de données psychométriques, comportementales et physiologiques issues du projet REST.
Matériel et méthode:

Étude observationnelle, quantitative, à visée descriptive et analytique, utilisant les données longitudinales déjà collectées dans le cadre du projet REST

Description méthodologique de l’étude:

Population étudiée
Professionnels de santé (médecins, infirmiers, internes) exerçant en médecine d’urgence au sein des Hospices Civils de Lyon (HCL) et sites partenaires (Clermont-Ferrand, IRBA).

Lieu de l’étude
Services d’urgence hospitaliers (HCL Lyon Sud, Hôpital Édouard-Herriot, Hôpital Femme-Mère-Enfant).

Mode de recueil des données
Analyse secondaire de la base REST comprenant :
Mesures psychométriques :
Burnout (MBI-EE)
Stress perçu (PSS)
Insomnie (ISI)
Somnolence (ESS)
Qualité du sommeil (PSQI)
Activation cognitive pré-sommeil (PSAS)
Chronotype (MEQ)
Mesures comportementales :
Actigraphie (durée et fragmentation du sommeil)
Charge de travail postée (Shift Load Index)
Mesures physiologiques :
Variabilité de la fréquence cardiaque (VFC : SDNN, RMSSD, LF/HF) enregistrée pendant les horaires de travail.

Recrutement et inclusion
Analyse rétrospective des participants déjà inclus dans l’étude REST et disposant de données complètes (N=58 psychometrique, N=35 shift adaptation).

Période de recueil et d’analyse
Préparation des analyses de clusters : 2 mois (nettoyage, vérification, structuration des données).
Analyses statistiques, rédaction et interprétation : 6 mois.

Stratégie d’analyse
Analyses descriptives (moyennes, écarts-types, distributions).
Analyse en clusters / classes latentes pour identifier les profils de vulnérabilité et de résistance.
Régressions multivariées pour relier les profils identifiés aux troubles d'adaptation comportementale et à la VFC.
Validation interne des profils (indices BIC, entropie, silhouette)."

Références:

1. Degenfellner J, Schernhammer E. Shift work tolerance. Occup Med (Lond). 2021;71(9):404–13. https://doi.org/10.1093/occmed/kqab138
2. Ritonja J, et al. Individual differences in shift-work tolerance and recommendations for practice. Sleep Med Rev. 2019;47:74–85. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30700671/
3. Alfonsi V, et al. Sleep-related problems in night-shift nurses: Toward an individualized approach. Front Hum Neurosci. 2021;15:644570. https://doi.org/10.3389/fnhum.2021.644570
4. Booker LA, et al. Individual vulnerability to insomnia, excessive sleepiness and shift-work disorder among healthcare shift workers: A systematic review. Sleep Med Rev. 2018;41:220–33. https://doi.org/10.1016/j.smrv.2018.03.005
5. Wickwire EM, Geiger-Brown J, Scharf SM, Drake CL. Shift work and shift work sleep disorder: Clinical and organizational perspectives. Chest. 2017;151(5):1156–72. https://doi.org/10.1016/j.chest.2016.12.007

Eventuels objectifs secondaires: Fournir des éléments empiriques contribuant à la construction d’un outil psychométrique de tolérance au travail posté (M-SWT).

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